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Cet article a été écrit par un policier qui souhaite sensibiliser le grand public (pas seulement les chauffeurs routiers) sur un phénomène qui est banalisé mais qui finalement représente toujours un délit mais également un grave problème en matière de sécurité routière. Nous nous faisons le relais de ce policer car le sujet nous parait important et nous avions simplement envie de le partager avec nos lecteurs... 

Malgré une banalisation amplifiée par toutes sortes de légendes urbaines, la détention de cannabis est toujours interdite. Il est vrai que la détention de petites quantités n'est pratiquement jamais poursuivie, ce qui signifie simplement que les sanctions pénales sont rares. ATTENTION toutefois à quelques points qui devraient tous nous pousser à sensibiliser nos jeunes (et moins jeunes) sur d'autres conséquences non négligeables et parfois inévitables.

En cas de contrôle, les personnes qui détiennent du cannabis, même en toute petite quantité, se retrouvent d'office dans des banques de données policières et donc fichées en en matière de stupéfiants. Cette étiquette est soumise au secret professionnel mais il s'agit d'une casserole bien triste à traîner et la situation est pratiquement irréversible. En cas de contrôle ultérieur, le risque de se faire fouiller est amplifié, ce qui peut parfois s'avérer gênant.

CONDUIRE (ou servir de guide) sous influence de cannabis augmente les risques d'accidents et entraîne de grosses sanctions pénales ainsi que des déchéances du droit de conduire. Outre les banques de données policières, cela donne en plus droit à une inscription au casier judiciaire, lequel n'est alors plus vierge pendant quelques années.

Etant donné que le cannabis reste détectable pendant plusieurs heures, les consommateurs réguliers sont pratiquement toujours sous influence lorsqu'ils conduisent leur véhicule, même pour aller travailler le matin. Il faut ajouter à cela le fait qu'être dépendant constitue théoriquement une contre-indication à la conduite, obligeant en principe au renvoi du permis de conduire à l'autorité qui l'a délivré. A défaut, un juge peut condamner à une déchéance du droit de conduire pour incapacité physique jusqu'à ce que le problème soit solutionné, examens médicaux à l'appui.

 

Un employeur ou un bailleur voit généralement d'un très mauvais oeil ces informations, bien que la seule officiellement disponible soit le casier judiciaire. Je réalise des enquêtes de moralité pour des candidats policiers ; je peux sans équivoque affirmer que ces informations sont analysées. Et puis, soyons réalistes, il est manifeste que certains employeurs d'autres secteurs ou propriétaires d'immeubles à louer soient bien renseignés et refusent des personnes ainsi étiquetées en justifiant sur base d'autres motifs.

Policier depuis 23 ans, Christophe LACROIX peut aussi affirmer que les consommateurs de cannabis sont majoritairement dépendants, bien qu'ils s'en défendent. Le taux de THC (substance active du cannabis) n'a plus rien à voir avec ce qui était disponible à l'époque des hippies.

Au cours des 20 dernières années, des techniques sophistiquées de culture (hydroponique) ont permis d’augmenter considérablement ces taux. Le rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM, 2001) précise que des échantillons plus concentrés ont été collectés (jusqu’à 31% pour la résine et 22% pour l’herbe). Dans les années 1960-70, un « joint moyen » contenait 10 mg de THC, actuellement il peut en contenir jusqu'à 150 (Ashton, 2001). Une étude suisse indique que le taux moyen serait de 15% (Killias et al., 2004).

Se fournir, c'est forcément aller à la rencontre de dealers, ce qui peut pousser à une forme de marginalisation. Une rencontre avec des dealers, même brève, ne passe pas toujours inaperçue, ce qui peut avoir pour conséquence de se retrouver impliqué dans une enquête policière avec une casserole supplémentaire. 

Certains dealers ont tendance à fournir des sachets "améliorés" sans le dire aux clients, histoire de les fidéliser en leur procurant un effet différent. Il n'est pas rare de retrouver des restes d'autres produits stupéfiants dans la marijuana achetée à rue. Les tests en matière de drogue au volant font parfois apparaître des résultats aussi positifs à la cocaïne à l'héroïne ou aux (méth)amphétamines. En voyant le résultat, certains changent de couleur en se rendant compte qu'ils viennent d'en consommer.

Voici un explicatif juridique récent concernant l'interdiction de détention .

Tous ceux qui ont essayé de tirer sur un joint n'ont pas mal tourné et heureusement. Il m'importait toutefois d'illustrer ma vision des choses au travers de ces quelques points. Je suis parent ; nombre d'entre vous le sont également. Il est important d'attirer l'attention de tous et en particulier des enfants et adolescents sur les dangers inhérents à la consommation / détention de drogues.

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Source : Linkedin  Christophe LACROIX, Inspecteur de Police