Si oui, alors nous t’invitons à bien lire ce qui suit…
Quand on travaille dans le secteur du transport routier en tant que chauffeur, on entend un peu tout et n’importe quoi de la part de celles et ceux qui savent…
Et qui savent quoi exactement ?
Par exemple : Qui est responsable de l’infraction commise par le chauffeur et qui devra payer le prix de l’amende.
Les vieux chauffeurs ont tous déjà entendu dire un jour ou l’autre « roule, je te couvre ». Mais une fois qu’il y a un problème, ce n’est plus la même chanson. C’est plutôt « Démerde-toi » et ceci est d’autant plus vrai que lorsque le chauffeur a pris la décision de quitter l’entreprise pour laquelle il travaillait. C’est à ce moment-là que les choses se compliquent encore un peu plus !
Bien souvent, le chauffeur qui se prend un procès-verbal à la suite d’un contrôle routier devra s’acquitter de l’amende financière même si l’employeur est civilement responsable.
Dans chaque cas qui s’est présenté à notre syndicat, l’employeur a dit au chauffeur « ne te tracasse pas, l’avocat de la société ira te défendre au tribunal. Or, l’avocat de la société défend son client qui est votre employeur, pas le chauffeur ! Le chauffeur est seul devant ses problèmes. C’est aussi pour ça que notre syndicat du SECOP-ITSRE défend ses adhérents devant le tribunal de Police ainsi que devant le tribunal Correctionnel. Au niveau de la FGTB, CSC et CGSLB, ces trois syndicats historiques ne défendent pas leurs membres devant ces deux juridictions. Seuls les dossiers qui ont un lien avec ton contrat de travail sont défendu au tribunal du Travail.
Si tu es arrivé à lire cet article jusqu’ici c’est que le sujet t’intéresse !
Nous rappellerons que les non adhérents au SECOP-ITSRE ne peuvent pas être défebdus par notre syndicat car notre organisation existe uniquement grâce aux cotisations payées par les membres du syndicat. Il ne serait pas « normal » que nous devions utiliser l’argent des adhérents pour défendre quelqu’un qui ne serait pas adhérent !
Et pourquoi le SECOP-ITSRE a pris la décision de défendre ses adhérents devant le tribunal de Police aussi ?
Il y a quelques années déjà, le président du SECOP-ITSRE était chauffeur routier. Lors d’un transport effectué entre Maubeuge et Anvers, il fut contrôlé et verbalisé par la police d’Anvers. Au terme du contrôle, un procès-verbal a été dressé car le camion avait été chargé avec 8 Berlingo à 4,40 mètres. La hauteur maximale est comme vous le savez de 4 mètres.
L’employeur du président du SECOP-ITSRE lui avait dit « ne te tracasse pas, on ne paye pas maintenant, l’avocat de la société te défendra quand on sera appelé au tribunal ». Quelques mois plus tard, l’audience se déroule au tribunal de Police d’Anvers. Le président du SECOP-ITSRE s’y rend malgré le fait que l’employeur lui avait dit que ça ne servirait à rien.
Lors de l’audience, l’avocat de la société dit au juge « Monsieur le juge, vous savez que tous les chauffeurs ne sont pas capables de charger leur camion correctement et c’est le cas avec ce chauffeur ». Le président du SECOP-ITSRE était dans la salle d’audience et l’avocat ne l’avait jamais vu. Lorsqu’il a entendu ça, il dit au juge « Monsieur le juge, excusez moi, je suis le chauffeur du camion. Je ne parle pas très bien le néerlandais mais assez que pour comprendre que l’avocat défend la société qui nous oblige à charger 8 Renault Kango à 4,40 mètres car il est impossible de charger plus bas que ça »
L’avocat excédé par mes propos, a rendu compte de ceci à l’employeur qui menaça notre président de licenciement si ça devait se reproduire !
Dans un autre cas, à Marche-en-Famenne, notre président déchargeait des voitures neuves afin de la livrer dans une concession automobile. Celui-ci n’était pas équipée d’une aire de chargement/déchargement et le camion était arrêté sur une bande de roulage d’un axe routier prioritaire. Le Code de la Route interdit l’arrêt d’un véhicule de 3,5 tonnes et plus sur un tel axe routier. Mais impossible de faire autrement !
Un nouveau procès-verbal est attribué au Président du SECOP-ITSRE et cette fois-ci, il pris les devants. Il a pris un avocat qui a été défendre sa cause devant le tribunal de Police. Malgré le Code de la Route, il a gagné son procès contre le policier qui avait verbalisé.
Cette expérience du Président du SECOP-ITSRE, aucun autre président des syndicats historiques ne l’a vécue, c’est pourquoi très certainement que ces syndicats ne défendent pas leurs adhérents devant le tribunal de police !